Renoncé à tout pour LUI...A. Bimont

Merci à AYMERIC pour son merveilleux témoignage

Je suis né dans une famille protestante. Mon grand-père paternel était le co-fondateur d’un centre missionnaire et y exerçait le ministère de prophète, aux côtés du pasteur principal. Mon père a grandi dans cette œuvre, a rencontré ma mère venue du nord de la France à l’occasion d’une retraite spirituelle, avant de l’épouser et qu’ils s’installent ensemble tout près de ce centre missionnaire.

 

 

 

 

 

 

Ma mère perdit plusieurs enfants avant ou à la naissance, et aucune grossesse n’aboutissait. Elle fit alors un jour la prière d’Anne, mère du prophète Samuel : « Seigneur, si Tu m’accordes des enfants, je Te les rendrai ! ». Mes parents eurent ainsi trois enfants, une fille et deux garçons dont je suis l’aîné. A ma naissance, je fus atteint d’une grave infection qui devait me tuer. Mais je survécus.

A l’époque où j’étais enfant, l’assemblée dans laquelle nous vivions avait déjà gravement dérivé, tenue sous un joug de fer et d’une main d’acier par le pasteur qui avait pris tous les pouvoirs. Mon grand-père, au fil des années, devenait l’ombre de lui-même. Lorsque j’entrai dans l’adolescence, c’était devenu une secte redoutable. Tout contact avec le monde était interdit, tout le monde espionnait tout le monde sans cesse, il y avait une atmosphère continuelle de plomb, de condamnation, de culpabilisation, un esprit de jugement très fort…

J’ai donc grandi dans un milieu extrêmement fermé, extrêmement dur, à la discipline très rigoureuse, dans un style très monacal, sans jamais pouvoir faire confiance à personne ni avoir aucun ami. La famille de mon grand-père était de plus en plus regardée comme rivale à la famille du pasteur, et nous étions traités très durement.

Dans ce milieu, j’étais donc spirituellement et moralement maltraité, et à l’extérieur à l’école, j’étais passé à tabac parce que j’étais un « sale protestant ». Cette communauté est en effet très connue dans sa région, en mal. Je ne pouvais donc avoir de contact positif, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur. Cela a fait de moi un écorché, qui s’est enfermé dans son monde personnel.

J’ai vécu une scolarité très désagréable, souvent frappé et méprisé par le plus grand nombre. J’ai toujours eu une personnalité extrêmement sensible et sentimentale, très romantique, mais à cette époque j’étais bardé de carapaces, et je suis devenu un adolescent à la fois très sensible et très fermé, rempli de colère et de pensées noires. Je me voyais en chevalier servant, je défendais les nobles causes et faisais de la galanterie une haute vertu, tout en étant très dur. On disait alors beaucoup de moi que j’avais le regard perçant.

Baptisé et guéri miraculeusement à 15 ans

Depuis le plus jeune âge, j’ai toujours été convaincu de l’existence de Dieu, et j’ai toujours eu de profondes aspirations spirituelles. Mon enfance et adolescence ont été jalonnées de ce que j’appelle des « élans » vers Dieu. Mais on ne m’annonçait qu’un Dieu terrible, un Juge impitoyable, et j’avais une terreur absolue de Lui. Ma hantise, très jeune, était que Jésus revienne et que je ne sois pas pris avec Lui. J’eus accès à certains livres de Donald Gee, notamment sur les dons spirituels, et le célèbre « Votre Père sait… » de Martinus Bjerre. Ces livres me laissaient assoiffé… Je disais alors à Dieu : « Je veux vivre ce qu’il y a écrit là-dedans Seigneur ». Mais c’était impossible là où je vivais.

Je me suis converti à 14 ans. Je n’avais pas une véritable connaissance de l’Amour de Dieu, cependant j’avais une soif terrible de Lui. Je fus baptisé à mes 15 ans, et reçus malgré le milieu très difficile le baptême de l’Esprit Saint quelques temps plus tard. C’est à cette période, alors que tout était sombre et fermé autour de moi, que Dieu me marqua profondément en vue de la suite…Depuis ma naissance, je souffrais d’un mal pas très grave mais assez handicapant qui détruisait ma vie sociale. J’avais essayé des traitements… rien. J’avais demandé la prière… rien. A 15 ans, recevant la foi de manière spéciale, je criai à Dieu un soir : « Tu dis dans Ta parole : Demandez et vous recevrez ! Je le crois ! Guéris-moi ! Je crois que j’ai reçu Tu l’as dit ! ». Je fus instantanément guéri…Je n’avais jamais vraiment vu de manifestation divine de ma vie jusque-là… cette expérience devait donc me marquer profondément.

Le don de prophétie....

Au même âge, je passai une semaine à m’isoler pour prier, à la recherche du Dieu de la Bible, le Dieu des signes et des miracles, le Dieu des dons spirituels… Je voulais le don de prophétie. Lors d’une réunion, pour la première fois, je fus alors saisi et reçus une pensée, que je donnai… Il y eut un silence de mort, mais rien n’arriva ensuite. A une seconde réunion, même chose, je donnai ma prophétie… plus tard, un responsable de cette assemblée, sous la directive du pasteur vint me questionner, et détailler exactement comment j’avais reçu les paroles. Après que j’eus répondu il partit faire son rapport. Ensuite je fus convoqué par le pasteur lui-même, qui prit soin de m’expliquer que le don de prophétie ne se transmettait pas de façon héréditaire (rapport à mon grand-père) et que je ne devais plus prophétiser. Toute possibilité de don spirituel fut donc abolie pour plusieurs années…

J’eus une autre expérience marquante à mes 16 ans, où j’entendis la voix de Dieu me parler distinctement aux oreilles lors d’un moment intense de souffrance et de prière ; moment où Il me donna un verset qui allait me soutenir dans maintes épreuves.J’étais tout en paradoxe, animé des plus belles aspirations spirituelles mais aussi de toute la faiblesse de la chair.

Jusqu’à la fin du collège, je ne travaillais pas, me reposant sur ma forte mémoire visuelle et auditive, et étais bien plus intéressé à draguer les filles qu’autre chose. Sans succès d’ailleurs, car je n’étais qu’un pauvre « intello binoclard coincé » ! C’est au lycée que tout changea. Ma mère fut atteinte d’un cancer et traversa une longue période de chimiothérapie. La vie familiale en fut beaucoup affectée, et je me mis sérieusement au travail. J’étais déjà largement plus mûr que tous ceux de mon âge, à cause de mon vécu et d’une formation à la dure. Dès mes 6 ans, on nous poussait déjà à faire des résumés commentés des prédications du culte… nous devions les écrire, et c’était noté à chaque fin de réunion par la femme et la fille du pasteur. Mon enfance avait été en grande partie volée. La différence s’accentua davantage encore. Je fus donc de plus en plus installé dans cette case du premier de la classe tant détesté par les écoliers. J’étais par contre de plus en plus apprécié par la gente féminine, à cause de ma galanterie et de mon aptitude à les écouter et les comprendre. C’était un piège pour moi… J’en fis un sujet d’orgueil.  

Ma mère se rétablit peu à peu. Peu avant mes 18 ans, plusieurs évènements provoquèrent notre départ du centre missionnaire où nous avions toujours vécu. J’étais moi-même plein de révolte, sans cesse tourmenté par ce qui s’y passait et n’y reconnaissant pas ce qui était écrit dans la Parole de Dieu. Nous quittâmes cette assemblée définitivement un 4 novembre, quelques jours avant ma majorité. Nous rejoignîmes une assemblée des Assemblées de Dieu dans une ville voisine, où nous avons passé deux ans. Lors de la première réunion là-bas, première de mon existence ailleurs que dans mon « église » d’origine, je sentis physiquement un masque de boue se décoller de mon visage, alors que le pasteur prêchait sur la grâce et l’amour de Dieu… C’était la première fois que j’entendais ce message ! Nous avons passé un bon moment à guérir de nos plaies, et à être vidés de beaucoup de doctrines de démons afin de recevoir des choses meilleures ! Nous avions une connaissance très solide des textes bibliques, un très fort bagage intellectuel, historique, mais aucune connaissance pratique et concrète de Dieu. J’étais capable de citer de très nombreux passages bibliques et de les commenter, mais je ne connaissais rien de Jésus Lui-même.

Guéri de la dépression

Ce changement d’assemblée était aussi un changement de vie radical. Considéré comme un paria par la première, qui contenait en fait les seules connaissances que j’avais… Mon monde s’arrêtait à cette assemblée, excepté l’école. Du jour au lendemain je n’étais donc plus qu’un « rétrograde », tombé dans le monde, car en-dehors de cette assemblée pas de salut… Persécution intense… Calomnies abominables… Destruction de la réputation… Trainé dans la boue partout. Ma sœur à son tour fut atteinte d’un cancer. Elle avait 20 ans. Elle aussi passa le cursus de la chimiothérapie. Je rentrai dans une révolte contre Dieu… « Pourquoi elle ? Frappe-moi plutôt ! Frappe-moi donc ! Pourquoi Tu la touches elle ? ». Différentes raisons morales et spirituelles firent que je tombai dans la dépression.

Jusqu’à une semaine très particulière, début 2002, où je perdis totalement le contrôle de mon corps, à plusieurs reprises. J’étais ballotté en tous sens, malmené. Chaque nuit je me réveillais à trois reprises, en hurlant et trempé de sueur, les draps entièrement trempés de ma sueur, puis avais de violentes crises d’angoisse où je perdais tout contrôle de moi-même. Cela dura une semaine. J’ignorais alors totalement ce qui se passait, je n’avais aucune connaissance du monde spirituel et de l’activité des démons. A la fin de cette semaine, n’étant plus qu’une loque humaine, autant physiquement que psychiquement, je téléphonai à ma mère (j’étais alors parti pour une semaine d’études à 200 km de chez moi et résidais à l’hôtel) pour tout lui raconter… j’avais besoin d’aide ! Elle me dit : « Aymeric, c’est démoniaque ! ». A peine eut-elle dit cela que quelqu’un sonna à sa porte et qu’elle dut s’excuser, me promettant de rappeler quelques minutes plus tard. Dès qu’elle eut raccroché, je fus pris d’une crise extrêmement violente, traversé de spasmes, perdant le contrôle total de mon corps. Des pensées de haine terrible me vinrent à propos du pasteur de ma première assemblée, et j’entendis ma bouche prononcer : « Je vais le tuer… je vais le tuer… ». Puis je fus secoué dans tous les sens, renversé, projeté, et enfin la force qui me tenait m’arrêta net devant un mur de la chambre où je me trouvais. J’entendis alors la voix du diable me dire : « Tu vois ce mur ? Maintenant je vais te disloquer et te démembrer contre lui… ». J’entendais le sourire dans sa voix, il jouissait de ce qu’il disait. Je ne pouvais pas parler, je n’avais pas le contrôle de ma langue. Il me restait mon cœur… Et mon cœur cria alors : « JESUS ! » Aussitôt, je sentis une autre force invisible venir par-devant moi ! J’étais poussé par derrière pour être tué contre ce mur, et pressé par devant… Combien cela dura-t-il je ne sais… Cela me sembla une éternité. Je ne pouvais que dire « Jésus sauve-moi » avec mon cœur. J’étais totalement compressé entre ces deux forces qui s’opposaient à mon sujet. Enfin, le diable lâcha prise… je retrouvai le contrôle de mon corps et m’effondrai comme une loque sur le sol…

Le dimanche suivant, alors que je n’étais plus que l’ombre de moi-même et que j’allai assister au culte avec ma famille, une parole de connaissance s’éleva pendant le temps de prière. Tout ce que j’avais vécu durant la semaine fut dévoilé, mais j’étais le seul à pouvoir comprendre, avec le peu de personnes qui étaient au courant. Dieu me fit alors de merveilleuses promesses de restauration et d’avenir. Ce fut le début d’une grande délivrance et de grands changements dans ma vie.

Révélation de Jésus Christ et renoncement à moi même

Le jour suivant, je reçus une vision, dans laquelle je me voyais debout sur une colline, en train de prêcher à une foule innombrable… la foule s’étendait sur une plaine dont je ne pouvais voir la limite, et je ne voyais pas non plus de limite à la foule. Dans cette vision, le Seigneur me parla et me dit qu’Il m’appelait à son service. Le soir de cette même journée, un frère arriva en trombe chez moi et me dit : « Il faut que je te parle ! Dieu m’a dit aujourd’hui que tu dois être à son service ! ». La confirmation était donnée. Ce fut le début… en fait la continuité d’une longue période de préparation, de formation, de traversée du désert, d’humiliation, de mort à soi-même, etc… Je dévorais des ouvrages de Watchman Nee, de Theodore Austin Sparks et m’appliquais à les vivre. J’étais un étudiant brillant. Tout me réussissait dans ce domaine, et mes formateurs voyaient en moi un futur maître de conférences. Les portes m’étaient grandes ouvertes, mon ego était flatté sans cesse, et j’étais poussé à continuer dans cette voie. Cela me promettait réussite professionnelle, belle carrière, aisance financière, reconnaissance sociale, etc…

Alors que j’allais obtenir mon second diplôme professionnel, niveau qui m’assurait tout ce dont j’avais besoin pour exercer et vivre convenablement, le Seigneur me dit alors :

« Choisis… soit ton travail, soit Moi. »

Je fus incompris, méprisé et traité d’imbécile à cause de ce choix… mais je renonçai à toute carrière pour ne me consacrer qu’à Dieu.

Commentaire (1)

1. Marilène Le 20/05/2010 à 17:41

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Waouw!

Gloire soit rendu à Dieu car Il est vrai et fidèle!

Il est vrai de dire lorsque je marche dans l'ombre de la vallée de la mort je ne crains aucun mal...

Je crois ton témoignage s'écrit de jour en jour dans ta marche avec Christ, bien-aimé...

Surtout ne lâche pas sa main, parce que Lui de son côté n'en éprouve certainement pas le désir.

Que le Seigneur te fortifie comme Lui seul en a la puissance.
Amen.
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Dernière mise à jour de cette page le 05/05/2010